Santé animale : pour toutes les espèces!

par Keith Flaman, secrétaire-gérant

Les groupements de producteurs spécialisés de l'industrie du bétail se rassemblent pour prévenir les maladies animales.

En 1978, les scientifiques prévoyaient que de nouvelles maladies surgiraient tous les 10 à 15 ans. Dix ans plus tard, ils révisaient ce délai à 8-9 ans. Aujourd'hui, cette estimation est de 14 à 16 mois. Fait intéressant : on ne lisait pas sur les écrans radars canadiens, il y a 15 ans, la venue du SRAS, du virus du Nil occidental, de la grippe aviaire, de l'ESB et des autres maladies dégénératives chroniques.


« Comment à la fois protéger nos industries, rester compétitifs, au pays et dans le monde, tout en gardant la confiance du consommateur? », se demande Keith Flaman.

Ajoutez à cela l'infection entre les espèces, le réchauffement de la planète, l'introduction d'espèces en milieu non familier, l'immigration et les voyages à l'étranger. Par ailleurs, certaines espèces servent d'hôte à des maladies qui tuent d'autres espèces. De plus, sauvages ou non, les animaux - oiseaux et insectes compris - se moquent totalement des lois et règlements des institutions politiques.

Comment réagir à cette réalité? Comment à la fois protéger nos industries, rester compétitifs, au pays et dans le monde, tout en gardant la confiance du consommateur? Comment limiter les risques?

La première étape, c'est faire comprendre et admettre à tous les groupements spécialisés de l'industrie du bétail qui produisent de la nourriture que les maladies animales, peu importe l'espèce, nous affectent tous. La seconde étape consiste à oublier l'esprit de clocher et à unir nos forces dans une lutte commune pour atténuer les risques de maladies animales.

Le défi est grand de réunir des groupements de producteurs qui n'ont jamais travaillé ensemble et qui, en fait, se voyaient comme des concurrents. Ils sont nombreux : les secteurs bovin laitier ou de boucherie, porcin, ovin, caprin, équin, de la volaille, des bisons, des cervidés (cerfs) et d'autres. Ces divers groupements de producteurs ont des antécédents et des histoires distincts, qui ont forgé différentes philosophies d'affaires.

Si, soutenus par la volonté politique, nous nous concentrons sur le bien commun … alors tous les obstacles tomberont.

Si, toutefois, soutenus par la volonté politique, nous nous concentrons sur le bien commun, celui de rendre notre industrie du bétail plus concurrentielle sur les plans qualité et sécurité, alors tous les obstacles tomberont.

Un comité industriel provisoire, l'Agence canadienne d'identification des animaux d'élevage (ACIAE), veillera à rassembler les divers groupements de producteurs de l'industrie du bétail pour établir un programme national de santé du bétail.

Nous devons nous entendre sur nos besoins concernant l'identification, la facilité de lecture des dispositifs d'identification, les banques et les transferts de données, l'identification des installations et la traçabilité. Nous devrons appliquer une surveillance rigoureuse et traiter efficacement des cas de non-conformité.

Les groupements de producteurs doivent se fixer des normes élevées, sans dépasser les limites de coûts raisonnables (en argent, en temps et de façon pratique), pour maximiser les bénéfices pour tous. L'industrie du bétail ne peut ignorer le risque qu'un de ses partenaires puisse mettre en péril un autre partenaire, ou toute l'industrie elle-même.

Au Canada, cette industrie en sortira plus forte, mieux informée des maillons de la chaîne alimentaire et sur la même longueur d'onde que le consommateur. De même, grâce à ses normes de production du bétail qui seront les plus strictes, notre industrie sera plus concurrentielle à travers le monde.